Christian Estrosi (g) et Eric Ciotti (d), lors d'une manifestation de soutien à la police, à Nice, le 31 janvier 2026 ( AFP / Valery HACHE )
Anciens complices devenus rivaux acharnés à Nice, Christian Estrosi et Éric Ciotti se retrouvent lundi soir sur BFMTV pour un débat de campagne municipale qui s'annonce explosif et sera percuté par l'actualité internationale.
"C'est l'affrontement ultime, qui couve depuis 15 ans", résume-t-on au sein de l'équipe de M. Ciotti, député UDR allié au RN, crédité par plusieurs sondages d'au moins 10 points d'avance sur le maire sortant encarté Horizons, son ancien patron.
"C'est le débat que la droite attend. L'issue de l'élection décidera de son avenir", assure la même source. Dans les Alpes-Maritimes, de nombreux élus LR, déjà plus ou moins sur le départ, pourraient franchir le pas en cas de victoire de M. Ciotti, et possiblement au-delà.
Devant les caméras, Christian Estrosi tentera de refaire son retard sur son principal concurrent qui, dans un sondage OpinionWay publié samedi, affiche 18 points d'avance sur le candidat soutenu par Renaissance, Horizons et Les Républicains, à 45% contre 27% au premier tour.
Les deux poids-lourds de la droite débattront avec les deux têtes de liste de gauche: Juliette Chesnel-Le Roux (PS-PCF-Verts) et Mireille Damiano (LFI-Viva). Animé par BFMTV, Le Figaro et Nice Matin à partir de 20H50, ce débat sera suivi d'un autre mercredi sur France 3.
- "Cour de maternelle" -
Depuis des mois, MM. Estrosi et Ciotti s'affrontent à coups d'accusations, de petites phrases, de "bilan noir" de l'adversaire, de transfuges d'une équipe à l'autre, de vidéos désobligeantes... qui font passer au second plan leur programme.
"Ça vole très bas, on dirait une cour de maternelle", commente-t-on dans le camp de Mme Damiano.
Une enquête a été ouverte samedi par le procureur de Nice après la découverte d'une tête de cochon et d'une affiche outrageante déposées devant le domicile de M. Estrosi. Qui a reçu le "soutien entier" de M. Ciotti.
Sur le fond, M. Estrosi promet une nouvelle gouvernance, des mesures concrètes pour simplifier la vie... et de passer de 6.800 à 10.000 caméras de surveillance, tandis que son entourage s'emploie à présenter M. Ciotti comme "le candidat d'extrême droite", pour qui Nice ne serait qu'un marche-pied vers des ambitions nationales au sein d'un gouvernement RN.
En face, le député UDR s'est constitué une liste éclectique, où les RN restent discrets, tout comme les sujets trop marqués comme l'immigration. Son message: après trois mandats de M. Estrosi, dont il fut le plus proche collaborateur, la cité des Anges a besoin d'un nouvel élan.
La gauche veut de son côté profiter du débat pour mettre les deux hommes devant leur bilan commun, l'un à la mairie, l'autre au département, en particulier sur le plan social dans une ville où, selon elle, beaucoup n'ont plus les moyens de se loger et où, derrière la carte postale, plus d'un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.
- conflit international -
Face à ce constat, les deux listes sont claires: il n'y aura pas de désistement pour faire barrage à M. Ciotti au second tour.
"Ils ont le même projet, ils ont fait la même politique", explique-t-on dans l'équipe de Juliette Chesnel-Le Roux. "Il y a une différence de degrés dans la xénophobie et le libéralisme, mais pas de nature, c'est la même matrice", assure un proche de Mme Damiano.
Initialement prévue avant le débat, le patron du Rassemblement national, Jordan Bardella, a reporté lundi sa conférence de presse à Paris sur le scrutin à venir pour tenir compte de la situation internationale après l'opération militaire américano-israélienne contre l'Iran. Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a également annulé une rencontre autour des municipales.
Ce weekd-end, Jordan Bardella a appelé la gauche "dite modérée" à rompre avec LFI, tandis que Jean-Luc Mélenchon à Perpignan a déclaré que les électeurs devait choisir "entre les fascistes et nous".
À Bordeaux, l'ex-candidat à la présidentielle Philippe Poutou, conseiller municipal sortant dans l'opposition au maire écologiste Pierre Hurmic, tiendra lui un meeting lundi soir dans un restaurant en bord de Garonne, avec le soutien d'Olivier Besancenot.
À Strasbourg, la député LFI Mathilde Panot participera au meeting du candidat du parti, Florian Kobryn.

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